( 6 juin, 2009 )

« Nous naissons tous fous. Quelques-uns le demeurent. » (Samuel Beckett)

L’Antre de l’aliéné

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A la frontière d’un monde que je ne connais pas,

Entre la réalité à laquelle tu crois

Et la mienne, ordinaire, que je pense être loi,

Contrainte, je m’arrête, observant tes ébats.

 

Ce ne sont pas tes gestes ou tes mots insultants

Qui paralysent mes jambes et m’emplissent d’effroi,

Ni ton odeur immonde et la bave que je vois

S’écouler de tes lèvres sur ton corps repoussant.

 

Mais plutôt ton regard, livide et obsédant,

Qui transperce et qui blesse, au plus profond de moi,

Cet aspect de mon être que très loin je renvois.

Mes souvenirs d’enfant remontent à cet instant.

 

Je ne peux, cependant, malgré ma gorge nouée,

Détourner mes yeux de ton esprit lésé,

Ne cherchant  même pas alors a te soulager,

Ni comprendre ta peine et tenter de la soigner.

 

Je suis tel un agneau blessé,

Devant l’antre de l’aliéné.

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