( 16 août, 2009 )

« Mais j’aimais le goût des larmes retenues, de celles qui semblent tomber des yeux dans le coeur, derrière le masque du visage. » [Valéry Larbaud]

Celle qu’ils n’aiment pas

femme triste
T’as les yeux rouges d’avoir pleuré

Et des traces encore sur les joues,

Stigmates sur ta peau érodée

De ce que tu caches en dessous.

 

Le corps creusé et affamé

Sevré, privé du substantiel.

Sans aucune mauvaise volonté,

Tu as oublié l’essentiel.

 

La tête haute, le pas certain

Sourire aux lèvres et mots subtils 

Tu déambules tel un pantin

Donnant le change à ces débiles.

 

Un peu d’ici, un peu de la,

Les regards sont élogieux,

Les flatteries dites tout bas.

C’est triste, ils se contentent de si peu!

 

Mais combien alors tu te sens seule!

Quel plaisir tirer de tout ça?

Comment sortir de ce linceul

Quand on est celle qu’ils n’aiment pas?

( 6 juin, 2009 )

« Nous naissons tous fous. Quelques-uns le demeurent. » (Samuel Beckett)

L’Antre de l’aliéné

z6880781.jpg

A la frontière d’un monde que je ne connais pas,

Entre la réalité à laquelle tu crois

Et la mienne, ordinaire, que je pense être loi,

Contrainte, je m’arrête, observant tes ébats.

 

Ce ne sont pas tes gestes ou tes mots insultants

Qui paralysent mes jambes et m’emplissent d’effroi,

Ni ton odeur immonde et la bave que je vois

S’écouler de tes lèvres sur ton corps repoussant.

 

Mais plutôt ton regard, livide et obsédant,

Qui transperce et qui blesse, au plus profond de moi,

Cet aspect de mon être que très loin je renvois.

Mes souvenirs d’enfant remontent à cet instant.

 

Je ne peux, cependant, malgré ma gorge nouée,

Détourner mes yeux de ton esprit lésé,

Ne cherchant  même pas alors a te soulager,

Ni comprendre ta peine et tenter de la soigner.

 

Je suis tel un agneau blessé,

Devant l’antre de l’aliéné.

12345...7
« Page Précédente  Page Suivante »
|